Cartographies du Ghjunsani

Aujourd’hui, nous avons récupéré les cartes que les enfants de l’école d’Olmi-Capella ont dessiné après la promenade avec les enfants et Santu.

Ces cartes seront exposées à l’Aria pendant la restitution de la résidence du 3 Octobre à la Stazzona, venez voir le travail de ces petits géographes!

Retour au futur

Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir d’interviewer Erwan Berroche, entrepreneur et experte en traction animale. Erwan est l’un de 7 personnes qui partagent leur lieu de travail à Speluncatu, le coworking fondé par Pierre Ridolfiil y a à peine un an.

Son choix de travailler dans un bureau décentralisé, et son expertise, profondément liée au développement durable, à la révision des traditions et au paysage, cristallisent en un profil qui parcourt parallèle aux démarches de notre résidence.

Erwan Berroche sur son poste au Coworking de Speluncatu

Imaginer un ramassage des déchets urbains ou des arbres tombés en forêt, en se servant seulement par la traction animale n’est pas de la mélancolie du passé, mais plutôt une action dans laquelle les moyens mis en place sont au service d’une initiative écologique et durable. En plus, Erwan nous explique aussi comment le cheval peut même devenir un médiateur entre différents personnes et générations, qui s’approchent curieux à l’animal, tout en créant un rapport bien différent aux camions poubelles.

Nous continuons à rencontrer les personnes qui modèlent la Balagne du futur, plusieurs d’eux seront jeudi prochain à la Stazzona, à Pioggiola pour la restitution de notre résidence, venez nombreux!

Une promenade avec les enfants de l’école d’Olmi Capella

Jeudi, nous avons organisé un moment de sensibilisation au paysage pour les enfants de l’école d’Olmi Cappella. Grâce à la collaboration de la maîtresse de l’école, Marion Katz et sa remplaçante, Marion Luccioni, nous avons pu profiter d’une promenade avec une dizaine d’enfants, de quatre à onze ans. Nous étions accompagnés par Santu Massiani, ancien maître de l’école d’Olmi Cappella, lorsqu’elle était encore au bâtiment Battaglini.

L’école d’Olmi Capella

L’objectif de cette activité était de sensibiliser les enfants aux éléments du paysage, tant naturels que bâtis par l’homme. Les montagnes, les arbres, la faune, les cours d’eau, mais aussi les chemins, les routes, les infrastructures, les jardins, les bâtiments et l’histoire des lieux ont été quelques-unes des facettes redécouvertes avec eux.

Carte de la Corse, réalisée par les enfants de l’école

D’abord, nous avons analysé ensemble des grandes cartes 1 :50.000 de la région et nous leur avons donné des clefs pour lire les paysages sur ces cartes. Les enfants ont identifié les points de repère de la vallée et du territoire qui les entourent. Quels sont les éléments importants à signifier sur une carte ? Comment les représenter ?

Cartes parcourues avec les enfants

Ensuite, nous sommes sortis de l’école en faisant attention à l’environnement proche. Les enfants ont analysé chaque type de sol sur lequel nous nous sommes promenés : béton, terre, escaliers en pierre, chemins avec des cailloux, goudron, prairies…  Nous avons aussi regardé les types de murs : anciens en pierre sèche ou plus actuels avec du ciment entre les grands morceaux de pierre, des enduits, du béton…

Santu explique la provenance de la pierre des murs

Santu s’est attaché à développer le sens critique des enfants face à l’évolution du paysage. Chaque type de mur, chaque revêtement du sol, chaque emplacement de maison répond à une attitude face au monde. Des choix multiples existent et chaque choix entraine des effets différents. Quand on a trouvé des petites gravières à proximité des anciennes maisons, les enfants ont compris l’impact environnemental positif de choisir de travailler avec les matériaux locaux qui nous entourent.   

Le chemin parcouru avec les enfants

Sur le point final de la promenade, la place de l’église d’Olmi Cappella, nous avons eu l’opportunité d’analyser le paysage qui se déployait à nos pieds. Des collines, des anciens champs de blé, des forêts et, au fond, la haute montagne. Les enfants ont identifié ce qu’ils trouvaient attirants pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas la vallée.

Compréhension du paysage lointain dès la place de l’église d’Olmi-Capella

Après la promenade, les enfants ont eu la tâche de dessiner une carte du parcours. Sur cette carte, chacun d’eux devait mettre en évidence les éléments du paysage qu’il avait retenus, et qu’il trouvait les plus importants. Ils ont imaginé cette carte comme un guide pour quelqu’un qui viendrait découvrir leur vallée et ils en ont profité pour mettre en valeur ce qui leur tenait à cœur dans leur cadre de vie : les types d’arbres, les différentes constructions, les animaux, les chemins diverses….

Cultouriste dessinant sa carte de la promenade

Nous laissons les enfants finir ces cartes pendant les jours qui suivent, avec l’aide de la maîtresse. Nous avons hâte de découvrir comment ils interprètent les points forts de cette magnifique vallée !

La culture comme véhicule pour réfléchir la région

Aujourd’hui, nous avons pu discuter avec Louis Simeoni et Jean-Marc Casanova, deux voisins d’Olmi-Capella qui se servent de la culture comme outil de réflexion pour leur territoire.

Louis, comme son père, écrit des poèmes en langue corse. La thématique de l’exil et la décroissance de la population des villages est représenté avec sensibilité et capacité d’analyse. L’entrevue qui a suivi la lecture de ses poèmes décortique ces thèmes auxquels il tient à cœur pour le futur des villages en Corse

De sa part, Jean-Marc se sert de la musique et de l’humour pour se communiquer. Nous le rencontrons sur la terrasse du Bar des Amis, vrai centre de vie sociale et échange entre les voisins d’Olmi. Il chante pour nous, et les présents.

Discussion avec Marie-Laure

Marie-Laure Poveda est administratrice de production et d’éducation artistique à l’Aria, et voisine de Pioggola depuis une vingtaine d’années. Avec elle, nous avons discuté de l’histoire de cette association et l’impact qu’elle a eu dans une structure villageoise comme celle de la vallée du Ghjunsani.

Marie-Laure montre les espaces autour de A Stazzona, Pioggola

Aujourd’hui, nous avons mieux compris les rapports qui se sont crées entre la population des villages et cette structure éducative, ainsi que les parallélismes possibles avec celle créée au début du XXème siècle pour Noel Battaglini. Selon Marie-Laure, il semblerait-il que chaque siècle une nouvelle utopie se rend réalité à la vallée, et toujours grâce à la force de l’éducation. Et les deux se sont implantées avec un grand bâtiment chaque une, qui complètent un paysage naturel, social et humain.

Valorisation du patrimoine naturel

Nous travaillons avec la maîtresse de l’école d’Olmi-Capella pour organiser une sortie avec les enfants dans le milieu naturel. L’objectif est sensibiliser aux plus jeunes des valeurs du paysage qui entoure leur école, et qui est, sans doute, l’un des raisons qui attirent des touristes à la Vallée du Ghjunsani.

Paysage anthropique

Comprendre ces paysages, leurs changements, et comment les mettre en valeur sont autres des objectifs, pour lesquels nous aurions la collaboration de Santu Massiani, voisin de Pioggola et collaborateur habituel de l’Aria.

Les textures du paysage

Une nouvelle tradition orale

Esquisse pour le « Banquet à idées »

Nous sommes de nouveau installés à Lama, à côté de la grande pleine de la piscine, où il y a à peine un mois, des grands films se sont projetés ! Ici, le montage de la vidéo continue, et nous profitons pour continuer à rencontrer des voisins de Lama, qui nous expliquent leurs impressions du Banquet à Idées qui a eu lieu vendredi passé à la salle communale de Lama.

Dans ces discussions informelles, nous comprenons que la rencontre a était très enrichissante pour eux, car malgré la proximité géographique de la vallée du Ghjunsani et Lama, les échanges ne sont pas si fréquents. Comme nous avons déjà compris, la Corse est composée des vallées qui fonctionnent comme des unités plus ou moins autonomes. Trouver des structures comme ce Banquet à Idées, qui puissent servir de ponts entre les deux vallées est fortement apprécié par les participants.

Lors d’un échange spontané à la Mairie de Lama, Marie-Ange Sammarcelli évoque également la réussite de la forme du banquet. Plus de vingt personnes assisses à la même table, partagent de la nourriture locale et discutent leurs visions de futur pour le développement de leurs villages. Beaucoup moins formel qu’une réunion de travail, parfois trop rigide dans son déroulement et ses dinamyques. Marie-Ange s’est rapidement rappelée des « veillées » corses, qui avaient lieu avant de l’arrivée de la télévision. Dans ces rencontres autour d’une table, les voisins échangeaient en liberté, et les liens sociaux se tissaient fortement.

Elle nous a expliqué que les habitants de Lama voudraient implanter ce format de banquets à idées pour améliorer la communication et booster l’innovation. Nous sommes fiers que cette expérience pilote puisse être incorporée aux outils de gouvernance populaire du village !

Cette résidence essaye de collaborer à l’actualisation des modèles de tradition orale fortement implantés en Corse depuis des siècles, qui, malheureusement sont progressivement oubliés. Nous croyons fortement à la parole comme outil de développement territoriale.

Le montage de la vidéo démarre

Après l’enregistrement de plus d’une quarantaine d’interviews, a salle de montage vidéo s’installe à Pioggola!

Montage en cours

Les habitants de la vallée du Ghjunsani et du Canal ont partagé avec nous des nombreuses visions pour leurs villages. Ils réfléchissent sur le passée récent et les évènements qui sont origine du moment et des lieux où l’on habite.

Maintenant, c’est leurs voix les forces tectoniques qui peuvent modeler leur territoire!

Banquet à idées

Hier a eu lieu le « Banquet à idées » que nous avons organisé dans le cadre de la résidence. L’objectif était questionner des développements possibles, croiser des regards critiques et échanger des expériences vécues autour des événements culturels et leur impact sur vos villages.

Banquet à idées à la mairie de Lama

Une trentaine de personnes ont participé au banquet, provenant de différents villages de la région. La vallée du Ghjunsani était représentée par des élus, acteurs culturels et voisins de Pioggola et Olmi-Capella. De la part de Lama, nous comptions avec les voix de voisins, des organisateurs du Festival de Film de Lama, ainsi que d’autres acteurs du territoire corse venus d’Ajaccio à Corte et Bastia.

La générosité des participants a été vraiment inspirante pour continuer nos recherches.

Un grand merci à tous et toutes!